Ces derniers mois, des titres tels que« l’Europe va interdire les chaudières à gaz » ou« la fin du gaz dans les nouveaux bâtiments » ont circulé. Bien que ces titres semblent alarmistes, ils reflètent quelque chose qui est effectivement en train de se produire : un profond changement réglementaire dans la façon dont nous chauffons les bâtiments en Europe.
Mais – et c’est là le point que personne n’explique – l’industrie n’est pas dans la même situation que les bâtiments urbains. Cela signifie-t-il que les
Avançons pas à pas.
Qu’en est-il des chaudières à gaz dans les bâtiments urbains ?
La nouvelle directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) marque un tournant :
- À partir de 2025, aucune subvention ne pourra être accordée aux chaudières fossiles dans les bâtiments.
- À partir de 2030, tous les nouveaux bâtiments devront être « sans émissions de combustibles fossiles sur site ».
De nombreux pays européens ont déjà anticipé cette transition par des interdictions spécifiques : la France, l’Autriche, les Pays-Bas, le Danemark, l’Irlande…
Comment cela affecte le marché de la construction
Dans la pratique, l’installation d’une chaudière à gaz dans un nouveau bâtiment deviendra de plus en plus difficile, coûteuse ou, selon le pays, illégale.
Pour les promoteurs, les architectes, les installateurs et les fabricants de systèmes de chauffage, de ventilation et de climatisation, le message est clair : le gaz dans les nouveaux bâtiments connaît un déclin accéléré.
Qu’en est-il du secteur industriel ?
Voici la partie que presque personne ne raconte.
Lorsque nous parlons d’industrie, nous parlons de processus thermiques, et non de chauffage d’une salle de séjour ou d’un immeuble de bureaux. Chaudières à vapeur, autoclaves, CIP, pasteurisation, séchage,nettoyage industriel… tout cela relève d’une autre catégorie :
Non, les chaudières industrielles à gaz ne sont pas interdites.
A ce jour, il n’existe pas de norme européenne qui dise : « Il est interdit d’ installer des chaudières à gaz pour les processus industriels ».
Les usines peuvent installer de nouvelles chaudières à gaz pour la vapeur industrielle.
Mais… voici le grand » mais ».
Pourquoi une chaudière à gaz industrielle peut-elle devenir un risque économique ?
Bien qu’ils ne soient pas interdits, ils sont de plus en plus pénalisés économiquement, ce qui est extrêmement important pour toute décision d’investissement dans une usine.
Perte de subventions
Ceux qui investissent dans une chaudière à gaz industriellene peuvent pas bénéficier d’aides publiques dans le cadre de la plupart des programmes nationaux et européens et sont également exclus des fonds spécifiques de décarbonisation.
D’autre part, l’électrification (chaudières électriques, chauffages, pompes à chaleur industrielles), l’hydrogène, la récupération de chaleur… bénéficient d’un soutien de plus en plus généreux.
Le CAPEX initial peut sembler moins cher, mais le projet est loin d’être rentable financièrement par rapport aux alternatives électrifiées éligibles.
Exposition totale au coût du CO₂.
En fonction de la taille de l’installation, la chaudière à gaz peut relever du SCEQE ou de systèmes nationaux équivalents.
Cela signifie deux choses :
- Vous payez le CO₂ aujourd’hui (entre 65 et 90 €/t CO₂ ces dernières années).
- Vous paierez plus de CO₂ demain, car la courbe des prix projetés est clairement haussière.
Une chaudière à gaz industrielle peut entraîner des dépassements de coûts annuels imprévus, difficiles à budgétiser et qui nuisent à la compétitivité de l’usine.
Avec une chaudière électrique, en revanche, le CO₂ n’entre pas en ligne de compte, surtout si l’usine utilise de l’électricité renouvelable ou un contrat d’achat d’électricité.
Volatilité du gaz + volatilité du CO₂ = risque multiplié
Dans l’industrie, un dépassement de coût de 10 à 20 €/MWh peut signifier : perte de marge, incapacité à répercuter les prix, perte de compétitivité par rapport aux concurrents électrifiés, voire risque d’actifs échoués en cas de durcissement de la réglementation.
L’électrification thermique, en revanche :
- réduit l’exposition au gaz,
- réduit l’exposition à la FTA,
- et peuvent stabiliser les coûts grâce à des contrats d’achat d’électricité ou à l’autoconsommation.
Restrictions et permis environnementaux futurs
Bien qu’il n’y ait pas d’interdiction aujourd’hui, la tendance est claire :
- Le coût de la licence environnementale augmente avec les chaudières fossiles.
- Le contrôle des émissions est plus élevé.
- Les remplacements d’équipements tendront à nécessiter des technologies à faible teneur en carbone.
Il ne s’agit pas d’une « interdiction », mais d’une barrière réglementaire qui, petit à petit, rend le gaz moins compétitif.
Pouvez-vous installer des chaudières à gaz industrielles ? Oui, mais :
- ❌ Vous n’obtiendrez pas de subventions.
- ❌ Vous êtes pleinement exposé au coût du CO₂.
- Vous risquez d’avoir des actifs inutilisés dans 5 à 8 ans.
- ✔️ Des alternatives électriques rentables sont disponibles, en particulier pour les procédés à la vapeur < 200 °C.
Tableau comparatif : Restrictions sur le gaz en Europe par pays
| Pays | Bâtiments urbains (nouvelles constructions) | Industrie (procédés thermiques) | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Autriche | Interdiction des chaudières à combustibles fossiles dans les nouveaux bâtiments. | Pas d’interdiction spécifique. | Bâtiment très avancé ; l’industrie subit la pression du système d’échange de quotas d’émission. |
| France | Interdiction du gaz dans les nouveaux bâtiments (RE2020). | Pas d’interdiction, mais les subventions donnent la priorité à l’électrification. | Leader dans la transition des bâtiments. |
| Pays-Bas | Le gaz ne sera plus utilisé dans les nouveaux bâtiments (~2026). | Pas d’interdiction, mais forte pression en faveur de la vapeur électrique. | Pays fortement électrifié. |
| Allemagne | GEG : ≥65% d’énergies renouvelables → le gaz pur n’est pas viable. | Pas d’interdiction générale ; affecté par le système d’échange de quotas d’émission. | Fortes incitations pour les pompes à chaleur industrielles. |
| Danemark | Depuis des années, les combustibles fossiles ne sont pas utilisés dans les nouvelles constructions. | Pas d’interdiction directe. | Presque sans gaz dans les bâtiments. |
| Irlande | Le gaz est interdit dans les nouvelles constructions à partir de ~2025. | Pas d’interdiction directe. | Réglementation étroitement alignée sur la directive EPBD. |
| Espagne | Pas encore d’interdiction nationale explicite, mais la directive EPBD va dans ce sens. | Pas d’interdiction, mais pas de soutien aux combustibles fossiles ; le système d’échange de quotas s’applique. | Évolution progressive, en fonction des régions autonomes. |
Le gaz s’épuise dans les bâtiments… et dans l’industrie, il n’est « pas interdit », mais les affaires vont de plus en plus mal.
L’opinion publique fait parfois l’amalgame, mais il s’agit de deux mondes différents : dans les bâtiments, le gaz n’existe plus. Dans l’industrie, le gaz est encore autorisé, mais.. :
- sans aide,
- avec exposition totale au CO₂,
- avec volatilité,
- et avec un risque futur d’obsolescence.
Pour de nombreuses installations industrielles, l’électrification de la vapeur n’est plus seulement une option environnementale, mais une décision financière intelligente. Contactez-nous et nous vous aiderons à concevoir la solution optimale pour votre installation.